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Peindre...écrire...

...se reconstruire...

Archives pour: Octobre 2005

Deuxième enquète...

Début décembre, elle vient donc enquêter… Elle passe dans chaque classe vérifie les pourcentages de présence et d’absence qui ne sont pas à jour…et puis vient dans la mienne pour le même travail. Suit un entretien dans mon bureau où elle cherche tous les petits détails qui ne sont pas à jour… Evidemment, ce sont avec ces détails, registre de sécurité ou pourcentages non effectués que l’administration se propose de nous aider à gérer les élèves difficiles…
Consternation ! Elle m’explique même que j’ai peut-être besoin de distance… Quelle distance ? Je lui demande si elle veut parler de distance géographique comme celle conseillée dans l’école précédente… Mais non cette fois-ci, c’est une distance dans les fonctions…. Un poste de remplacement serait peut-être mieux que celui de directrice…
Je n’étais pas au bout de mes souffrances… Elle dit qu’elle reviendra m’inspecter…
De retour chez moi, je panique totalement…M’inspecter dans cet état d’esprit cela risque d’être difficile à vivre ! Je commence donc par aller chez le médecin afin de retrouver un peu de calme… Puis par alerter le syndicat Sud éducation…

Un deuxième signalement

Le samedi 18 octobre, vers onze heures, l’un des deux enfants dit à l’aide éducatrice qui ne s’occupe plus que de lui, qu’il ne veut pas rentrer chez lui et il lui explique pourquoi… Le signalement aux gendarmes que je vais faire ce jour-là, a été décidé par toute l’équipe d’enseignants réunis et après avoir essayé de joindre quelqu’un à l’inspection académique pour demander conseil mais sans pouvoir joindre de responsable.
L’aide demandée ce jour-là est arrivée le lundi soir après l’école avec l’inspectrice qui nous a réunis dans mon bureau et qui nous a assuré que nous avions fait ce qu’il fallait faire. Elle a toutes fois ajouté à la fin de son propos que lorsque la situation serait plus calme, le recteur désirait qu’elle fasse une enquête sur l’école…. Quelle résonance dans mon vécu… Quelle angoisse a commencé de m’étreindre !
Comme je suis de caractère optimiste, je me suis dit qu’elle ne pouvait que soutenir notre décision.

Deux élèves ingérables?

Octobre 2003, après deux jours de stage avec ma nouvelle collègue sur le thème de la lecture, nous trouvons à notre retour, une école perturbée. Trois enfants ont vidé des casiers dans une classe pendant la récréation, cherchant peut-être des goûters. Les enseignants présents ont fait ce qu’ils avaient à faire en pareil cas. Mais les choses n’en restent pas là… Des parents se plaignent à propos de ces élèves difficiles… « Qui n’auraient rien à faire dans cette école ».
Et ces élèves deviennent ingérables… en classe, dans la cour, dans le village, ils sont montrés du doigt par tous… Deux sont malheureusement dans la même classe. Cette répartition des élèves a été faite par l’équipe d’enseignantes en conseil des maîtres et non par moi seule, ce qui me sera reproché par la suite par l’inspectrice. Nous demandons de l’aide au réseau d’aide pour les enfants en difficulté qui intervient deux fois par semaine… Nous sommes devenus hyper vigilants et l’école entre dans une période de souffrance…pour gérer des élèves en souffrance…

Cocorico!

Cocorico!
Septembre 2003
du bleu, de la joie, un oiseau chante sur la branche qui penche devant ma fenêtre!

De l'euphorie comme un baume sur le coeur!

En arrivant dans cette nouvelle équipe, j’ai eu chaud au cœur. Mes collègues étaient bienveillantes à mon égard ! La municipalité, les parents, tout était à nouveau si simple, si agréable à vivre…
De 1999 à 2002, j’ai vécu sur un nuage, surfant sur les projets, avec toujours le même plaisir pour aller travailler. Pourtant, j’appris peu à peu le passé de cette école, la lettre des parents, l’année précédent mon arrivée, critiquant les enseignantes qui avaient obligé l’inspecteur à venir redire aux uns et aux autres délégués, quel rôle ils avaient à remplir… Pourtant les élus avaient changé aux élections de juin 2001…
L’inspecteur de la circonscription prit sa retraite en juin 2002 et une cinquième classe fut crée, en septembre, grâce à un effectif en hausse… Grâce à cette cinquième classe, j’obtenais un quart de décharge pour le travail de directrice.
Une de mes collègues demanda son changement vers une école plus lointaine en septembre 2003, l’équipe changeait, s’agrandissait…

Première enquète!

Au bout de cette enquête, ils m’affirmèrent que je faisais un très bon travail mais que tout le monde était ligué contre moi… Que ma santé risquait de vaciller à rester dans cette ambiance. Alors l’argument fit son effet…C’était vrai je me sentais vraiment mal. La syndicaliste tint le même langage et j’acceptais à l’amiable de changer de poste et de m’éloigner à douze kilomètres de chez moi. Une direction d’école à quatre classes n’avait trouvé aucun candidat au mouvement.
J’intégrais ce nouveau lieu en septembre, ne pouvant inaugurer les locaux de cette nouvelle école maternelle que j’avais passionnément aidé à améliorer, dans la commune où j’habitais….
J’avais accepté cette école primaire d’une circonscription différente afin de changer d’inspecteur. Je connaissais celui qui dirigeait ce secteur et je savais qu’il aurait le courage de me défendre auprès d’une municipalité malveillante.
Je passerai sous silence ma vie privée par pudeur pour ma famille qui a vraiment souffert de ma propre souffrance…

Un os à ronger...

L’inspecteur, le maire, quelques conseillers, et les enseignants ont certainement étaient très heureux de trouver un os à ronger… Peu à peu, leurs mesquineries furent à mon encontre. Ils se liguèrent contre moi sauf une, celle qui était raillée précédemment. A l’initiative du directeur maître formateur fils d’inspecteur, ils écrivirent une lettre de dénonciation de faits mensongers impossibles à vérifier…à l’inspecteur d’académie !
Quand on ne veut plus de son chien, on dit qu’il a la rage… L’inspecteur de la circonscription me convoqua dans son bureau pour tenter de faire pression sur moi. Je devais demander mon changement au mouvement des instituteurs. Devant mon refus, l’inspecteur adjoint à l’inspecteur d’académie me convoqua à son tour dans son bureau et me fit le même discours. A partir de là, je demandais au syndicat d’enseignants majoritaire, de m’accompagner afin d’avoir un témoin de leurs pratiques que je pourrai nommer du harcèlement. Lorsque ce fut le tour de l’inspecteur d’académie lui-même, je demandais une sanction justifiant le déplacement qu’ils voulaient m’obliger à demander par moi-même. Il décida de déléguer deux inspecteurs adjoints à l’école pour enquêter sur cette situation…

De la pression...Point de félicitations!

A la rentrée suivante, l’équipe de l’école avait décidé d’une répartition des élèves dans les trois classes. Le lendemain de la rentrée des élèves, L’inspecteur de l’éducation nationale est venu me demander d’en changer car elle ne convenait pas à quelques parents d’élèves désireux de parler de mon incompétence. J’ai refusé de modifier celle-ci. L’inspecteur a tenté de faire pression sur mes collègues pour qu’elles se désolidarisent de cette décision commune et j’ai bien senti à ce moment là qu’il allait tenter de prouver mon incompétence.
Entre l’école élémentaire et l’école maternelle, il y avait une cohabitation de fait, les récréations, des fêtes communes, le loto, la kermesse, des locaux communs comme la salle servant à faire de la motricité. L’ambiance entre les deux équipes n’était pas toujours agréable entre les enseignantes qui étaient là depuis de nombreuses années et qui ne voulaient rien changer, celle qui était ouvertement critiquée, raillée sur son incompétence à se servir d’appareils modernes (femme élevant seule son enfant, bouc émissaire parfait car sans soutien…), et le directeur de l’élémentaire qui était fils d’inspecteur et à qui nous aurions dû faire, sans arrêt, des courbettes afin de le valoriser car il semblait en manque de ce côté-là…. Oui l’ambiance était souvent faite de mesquineries. J’avais passé le concours interne pour devenir professeur des écoles et je l’ai eu. Cette promotion passée sous silence, a sûrement aggravée la situation car j’étais la seule sur huit enseignants à obtenir ce statut. Mon collègue directeur attendra l’année suivante pour tenter le concours…

Oser parler...signaler!

L’année où nous avons gagné la coupe du monde du foot… restera dans ma mémoire pour une autre raison. Peu avant ce mois de juin, une aide maternelle est venue me rapporter les propos d’un enfant et je les ai signalés à l’aide à l’enfance. Le maire m’a téléphoné quelques jours plus tard pour me demander si cela se justifiait… Encore ma compétence ou incompétence ?
Dans ces petits villages, tout le monde sait et tout le monde se tait. Mieux vaut attendre qu’une mère soit suicidée, pousser par son mari dans les escaliers, sous les yeux de son fils de quatre ans !
Mais la directrice devient celle qui ose parler et tout le monde a peur car personne n’est parfait…

Mer et mère regardant par la fenêtre

mer
Car l'aventure est ici et ailleurs...
En octobre 2002, après une séparation d'avec le père de mes enfants. La mer est houleuse. La mère s'efface, c'est une femme qui regarde, qui espère la sérénité après les souffrances...

Dire oui pour tout ce que propose la mairie!

Depuis de nombreuses années, dans ce village, il était question de construire une école maternelle, les locaux étaient saturés et les deux directions avaient été crées dans ce but par l’académie… Deux écoles, deux directions… Le projet a été remis sur la table et la municipalité a commencé à choisir le lieu, l’architecte…
Au cours des réunions auxquelles j’ai participé je me suis rendu compte que mes idées pour parfaire ce lieu, n’allaient pas dans le sens désiré par les élus. J’aurai dû approuver tout ce qui était proposé. Valoriser, acquiescer et surtout n’avoir aucune demande précise à formuler. La conseillère municipale, nourrice de presque dix élèves de l’école, était bien plus compétente que moi en la matière…

Une école maternelle à trois classes.

Il y a eu une première année idyllique! Des collègues vraiment positives et un travail d'équipe qui me réchauffe encore le coeur aujourd'hui malgré ce qui suivra... La deuxième année a soudé encore plus notre équipe face à une exigence de la municipalité. Le noël des enfants a été double car nous avions déjà passé les commandes effectuées par les enfants sur un catalogue fabriqué par nous-mêmes comme précédemment lorsque nous avons appris qu'une décision du conseil municipal nous demandait d'utiliser la totalité de la somme mise à notre disposition pour cette occasion, en cadeau individuel, non la moitié pour chaque élève et l'autre moitié pour chaque classe en cadeau collectif. Ce qui était pratiqué par ma collègue directrice avant moi.
Après avoir rencontré le maire, notre équipe a décidé que nos commandes et notre Noël serait pris en charge par notre coopérative scolaire affiliée à l’Office central de la Coopération à l’école et que l’argent distribué par la commune serait dépensé par la commune qui organiserait son propre noël comme bon lui semblerait. Les enfants ont donc étaient gâtés, deux Noëls… Enfin parmi tous les autres…
Mais quelques parents d’élèves ainsi que des conseillers municipaux ne l’entendaient pas de cette oreille et ils profitèrent de l’occasion pour se réunir et créer le plus de polémique possible.
Il serait trop long de tout raconter mais ayant fait appel à l’autonome solidarité, un monsieur charmant est venu me rencontrer. J’ai compris au travers de son discours qu’il me fallait bien réfléchir avant de lancer une procédure quelconque car celle-ci risquait de grossir l’histoire pas si tragique que ça…
J’ai donc laissé sans lendemain cette rencontre, que ma compétence de directrice ait été mise en question n’était pas si difficile à digérer…

Ecrire pour se reconstruire...

Voilà, je me propose de vous raconter mon travail, mon passé professionnel. Pour l'avenir, il semble plutôt incertain... Je viens d'être sanctionnée par Monsieur l'Inspecteur d'académie du Puy de Dôme, après avis de la commission paritaire départementale. Je suis déplacée d'office, rayée de la liste des directeurs d'école, éloignée de l'école où je travaillais depuis 1999, en surnombre sur une école de Clermont Ferrand, en attendant... Je ne sais pas quoi!
Je suis, paraît-il une bonne institutrice, mais pas une bonne directrice!
Il faut que je comprenne pourquoi je viens d'être sanctionnée, déplacée d'office, rayée de la liste des directeurs!
Peut-être pourrez-vous m'aider à comprendre, à trouver des solutions! De toutes façons il faut que je dise la part de chacun dans ce qui m'arrive. L'éducation nationale pour les écoles est aussi municipale et parfois injuste pour son personnel!
Evidemment avec du recul, cela semble banal, dérisoire... Il faudrait que j'accepte cette sanction qui n'est pas un déshonneur, d'après Monsieur l'inspecteur d'académie du Puy de Dôme. Il faudrait que je continue à faire ce que je sais faire le mieux: enseigner!
Oui mais, je serai une bonne enseignante jusqu'au prochain dossier. Si un inspecteur le désire pour X raisons, il peut créer un dossier et lui faire dire le contraire. Je retournerai donc à la case: sanction!
Comment vivre au quotidien une sanction vécue comme injuste?
Comment avoir encore confiance dans une hiérarchie capable d'un tel mépris?

Quand j'étais à la maternelle...

à 4 ans...

Aujourd'hui pour me reconstruire, je peins...

Et pourtant il faut avancer...

Mon fils me propose d'écrire sur un blog...

Il a vu dans mes yeux toute la tristesse d'un ciel gris...l'oubli peut être si doux!
Ecrire serait-ce thérapeutique?
Cela me permettra t-il d'oublier d'évacuer cette souffrance qui enserre ma respiration...
Peindre ? Je vais me lancer dans ces deux activités car agir m'est nécessaire!

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